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archade

Sexe:  Inscrit le: 05 Déc 2006 Messages: 443
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Posté le: Mar Juin 23, 2009 7:00 pm Sujet du message: YEMEN |
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Le Yémen en voie de "somalisation"
22/06/2009
Le Yémen subit une recrudescence de la violence depuis plusieurs semaines. Une nouvelle étape ayant été franchie avec l’enlèvement et l’assassinat de neuf ressortissants étrangers résidant depuis des années à Sanaa. La tribu des Houthis semble être responsable de ces actions.
D’autres enlèvements s’étaient produits en mars dernier, mais les otages avaient été relâchés en échange de la libération de prisonniers yéménites. A l’instar des opérations de piraterie au large de la Somalie, les enlèvements d’étrangers sont un moyen qu’utilisent depuis des années les groupes tribaux yéménites pour obtenir de l’argent.
Aujourd’hui, il s’agit de plus en plus d’opérations soigneusement planifiées par des groupes armés organisés. Le général David Petraeus, patron du Centcom américain, estime ainsi que le Yémen est devenu un refuge pour les groupes djihadistes. Les services de sécurité yéménites ont d’ailleurs découvert des grottes équipées d’armes et de matériels sophistiqués dans certaines régions montagneuses du pays.
Ce qui prouverait qu’Al-Qaida se sert du territoire yéménite, depuis des années, pour mener des opérations à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Pour sa part, Washington se refuse à renvoyer à Sanaa les prisonniers yéménites de Guantanamo (96 hommes, sur un total de 240 détenus), de peur qu’ils ne grossissent les rangs djihadistes. A noter, par ailleurs, que des manifestations antigouvernementales se sont déroulées récemment dans la province sud du Lahj, au sud du Yémen, faisant des morts et des blessés. Alors que cette province est l’objet de mouvements de contestations chroniques depuis l’unification du pays en 1990, l’ensemble du pays s’enfonce dans l’insécurité, ce qui pourrait engendrer dans la zone une situation aussi incontrôlable et dangereuse qu’en Somalie.
L’argument Al-Qaida
Les autorités yéménites veulent profiter de l’appui donné par Al-Qaida aux groupes séparatistes du Sud pour rallier la communauté internationale à leur action et éradiquer la rébellion. Le plan gouvernemental de lutte contre les rebelles est chapeauté par le général Ammar Saleh, adjoint du service de la sécurité nationale, et son cousin, le général Ahmed Ali Abdallah Saleh, fils aîné du Président et commandant des forces spéciales et de la garde républicaine.
Nul doute que Sanaa exagère le rôle d’Al-Qaida dans le Sud yéménite, soulignant le risque d’anarchie qui pèse sur le pays, alors qu’en même temps, dans le Nord, la rébellion des Houthis a repris de la vigueur. Au plan régional, certains pointent du doigt le rôle de l’Iran, de la Libye et du Koweït, qui soutiendraient plus ou moins ouvertement tel ou tel groupe rebelle.
Mais, pour les observateurs neutres, la présence dans le Sud d’éléments radicaux, comme cheikh Tarek Al-Fadli, ne signifie pas qu’Al-Qaida domine les rebelles sécessionnistes. Quoi qu’il en soit, le pouvoir a récemment autorisé la tenue d’un rassemblement salafiste, ce qui trahit son besoin de légitimation religieuse face aux différentes rébellions. _________________ Le Capitaine MARCHAND (1863-1934): "Il n'y a que chez nous que l'ordre de faire beaucoup avec rien peut être donné sans rire"
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archade

Sexe:  Inscrit le: 05 Déc 2006 Messages: 443
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Posté le: Mar Nov 24, 2009 10:41 pm Sujet du message: |
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Le Yémen du président Ali Abdallah Saleh apparaît plus que jamais dans l'œil du cyclone tant le pays se trouve travaillé en profondeur par des forces centrifuges qui mettent en cause son unité même en tant qu'Etat réunifié, si l'on peut dire, seulement depuis mai 1990.
Et encore cette réunification fut-elle longtemps incertaine puisque les tensions induites par ladite réunification avaient débouché sur une ultime guerre inter-yéménite (5 mai-7 juillet 1994) qui s'était conclue par la défaite de l'armée du Yémen du Sud au profit des "Nordistes" du président Ali Abdallah Saleh, appuyés par l'Arabie saoudite. La contestation armée dans les six gouvernorats de la défunte République démocratique populaire du Yémen a désormais ouvertement pris une connotation "sécessionniste" alors qu'elle avait plutôt jusque-là une dimension "fédéraliste", voire "confédéraliste". Mais le président Saleh est confronté à une aggravation des tensions internes qui sont loin de se limiter à la "question du Sud".
Il doit aussi, et peut-être surtout, faire face à la résurgence dans le nord du pays de la rébellion contre le pouvoir central de Sanaa de chiites d'obédience zaïdite qui se font appeler "houthistes". Leur nom dérive de Cheikh Hussein Badr Eddine Al-Houthi, prédicateur zélé et fondateur en 1997 d'un mouvement à proprement parler sectaire et auto-qualifié de "Jeunesses croyantes" (shabab al-mu'min). C'est lui qui avait pris la tête d'une insurrection initiée le 18 juin 2004 contre le gouvernement central de Sanaa avant d'être finalement tué le 10 septembre de la même année. Les autorités yéménites l'accusaient rien de moins que de vouloir provoquer "une sédition confessionnelle, nuisible à l'unité nationale et la paix sociale", voire de vouloir rétablir l'imamat zaïdite de Mohammed Al-Badr historiquement centré sur la région de Saada (Yémen du Nord) mais renversé par un coup d'Etat militaire le 26 septembre 1962, lequel avait débouché sur la proclamation d'une République.
La mort de Hussein Badr Eddine Al-Houthi n'a, de fait, pas mis fin à la rébellion "houthiste", laquelle a repris épisodiquement depuis fin septembre 2005. La répression aidant, le nombre de rebelles "houthistes" serait passé de quelque 400 combattants initialement, à plusieurs milliers aujourd'hui. L'armée du président Ali Abdallah Saleh a lancé, le 11 août 2009, la dernière phase paroxystique d'une guerre, qui a déjà fait des milliers de morts depuis qu'elle a débuté il y a plus de cinq ans, en déployant quelque 20 000 hommes dans une offensive majeure afin de déloger les 15 000 "houthistes" de leurs nids d'aigle dans les montagnes de la province de Saada à l'extrême-nord du pays. Selon le Haut Comité aux réfugiés (HCR) de l'ONU, le bilan de ce conflit s'est d'ores et déjà élevé à plus de 2 000 morts en moins d'un mois et à quelque 55 000 déplacés depuis le août 2005, mais a fait au total plus de 150 000 sans-abri depuis le début des hostilités en 2004.
La situation est d'autant plus dangereuse aujourd'hui que ces forces centrifuges spécifiquement endogènes semblent instrumentalisées depuis l'extérieur par des acteurs géopolitiques qui ont décidé – dans le cadre des rivalités ethno-confessionnelles (à la fois arabo-perse et sunno-chiite) agitant le Moyen-Orient – de faire du Yémen un de leurs théâtres d'affrontement privilégié. Le fait est que cette rébellion n'est pas – plus – seulement une affaire intérieure pour le Yémen car, selon Sanaa, les rebelles zaïdites auraient reçu de Téhéran des aides matérielles et financières. Même s'il ne s'agit pas d'un chiisme duodécimain dont relève le chiisme persan, toute minorité chiite dans le monde ne peut pas ne pas intéresser la République islamique d'Iran, épicentre du chiisme mondial, a fortiori lorsque cela offre l'opportunité à Téhéran d'instrumentaliser, au sein d'un Etat majoritairement sunnite, une minorité chiite constituant un relais militaire (au même titre que le Hezbollah libanais) susceptible de faire pression sur les confins saoudiens – ô combien sensibles –, et plus largement sur tout le sud de la péninsule Arabique. Ce n'est donc pas un hasard si, le 26 septembre 2009, le président Saleh a reçu le soutien ostensible des Etats-Unis et de leurs alliés arabes sunnites, à savoir les membres du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Koweït, Bahreïn, Emirats arabes unis, Oman) ainsi que de l'Egypte et de la Jordanie, dans sa guerre contre les "houthistes". Ces derniers accusent, pour leur part – et c'est si l'on peut dire "de bonne guerre" –, l'Arabie saoudite d'aider militairement Sanaa, ce qui est avéré aujourd'hui. Mais le président yéménite Ali Abdallah Saleh cherche également des appuis à l'intérieur du pays. Et il n'aurait pas hésité, en janvier 2009, à transformer en auxiliaires d'anciens djihadistes d'Al-Qaïda "repentis" auxquels il aurait demandé de se préparer pour des opérations offensives contre les ennemis de l'Etat qui sont autant les "sudistes" stigmatisés comme des "opposants athées" du fait de leur passé "marxiste", que les "houthistes" considérés comme des vulgaires "hérétiques" du seul fait qu'ils sont chiites.
On en arrive à une situation pour le moins paradoxale : le régime de Sanaa aurait officieusement recours aux services des salafistes djihadistes proches d'Al-Qaïda, laquelle profiterait de la situation pour s'offrir un nouveau sanctuaire, en plus des zones tribales pakistanaises ; et cette stratégie serait mise en œuvre avec l'assentiment tacite de Riyad – qui exerce pourtant une répression impitoyable de ces mêmes djihadistes à l'intérieur du Royaume – au prétexte que, dans la hiérarchie des priorités, le danger de déstabilisation iranien via son soutien avéré à la rébellion zaïdite apparaîtrait désormais à l'Arabie saoudite encore plus important que celui d'une sanctuarisation d'Al-Qaïda dans son voisinage immédiat.
David Rigoulet-Roze, chercheur à l'Institut français d'analyse stratégique (IFAS) _________________ Le Capitaine MARCHAND (1863-1934): "Il n'y a que chez nous que l'ordre de faire beaucoup avec rien peut être donné sans rire"
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archade

Sexe:  Inscrit le: 05 Déc 2006 Messages: 443
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Posté le: Mar Nov 24, 2009 10:48 pm Sujet du message: |
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Guerre par procuration au Yémen, un Etat failli
Un nouveau front vient de s'ajouter à un environnement déjà lourd au Moyen-Orient. La frontière méridionale de l'Arabie s'est embrasée en ce début novembre, quand la rébellion houthiste du nord du Yémen, d'obédience chiite (zaïdite), a franchi la frontière internationale et a pris le contrôle du mont Doukhane. C'est ainsi que l'Arabie, au nom de la défense de l'intégrité de son territoire, a fait son entrée de plain-pied dans un conflit inter-yéménite qui se poursuit par intermittence depuis 2004, mais qui a évolué en véritable guerre depuis le mois d'août entre le gouvernement de Sanaa et la rébellion.
Cette incursion en territoire saoudien n'est pas un dérapage. Outre le fait que la rébellion cherche à échapper à l'encerclement de l'armée yéménite et à prendre l'avantage, il faut y voir une étape supplémentaire dans la tentative de Téhéran de développer un nouveau théâtre d'affrontements pour faire diversion, au côté de deux autres foyers, ceux du Hezbollah au Liban et du Hamas à Gaza. Il s'agit donc d'une guerre par procuration, qui permet à l'Iran de déstabiliser un rival.
Riyad a les moyens de se battre contre la rébellion, grâce à la supériorité de son armement et à l'imposition d'un blocus maritime aux abords des côtes yéménites, contrôlées par les houthistes, pour les empêcher de réceptionner de nouveaux équipements militaires. Mais on ne peut exclure une guerre d'usure, le long des 1 500 km de frontière commune.
Mais cette entrée en guerre peut avoir des conséquences bien graves. Il y a près d'un million de Yéménites en Arabie, dont une large partie appartient à la même mouvance idéologique que les houthistes, sans compter leurs coreligionnaires saoudiens des provinces de Jizan et de Najaran, frontalières du Yémen, dont un million d'Ismaéliens, une autre branche du chiisme, en colère contre Riyad et qui formulent des revendications rarement prises en compte par le royaume.
Il y a surtout les principaux gisements de pétrole situés dans la province orientale du Hasa, où les chiites sont majoritaires. Parmi eux, une branche activiste ne résiste pas aux sirènes de Téhéran, dont l'ambition est de devenir la puissance de référence dans la région, en affaiblissant ses voisins. Or, l'incontrôlable dynamique régionale a fait passer l'appartenance confessionnelle devant l'appartenance nationale ; d'où le réveil des communautés chiites du Golfe au lendemain de la révolution khomeyniste (1979), puis de la chute de Saddam (2003) et de l'accession des chiites irakiens au pouvoir à Bagdad.
Tout cela intervient au moment où l'Iran menace l'Arabie de venir troubler le grand pèlerinage à La Mecque, lequel réunira près de 2 millions de fidèles à la fin novembre. Rappelons qu'à la fin des années 1980, les Iraniens avaient provoqué des troubles au cours desquels plusieurs centaines de pèlerins avaient perdu la vie.
L'activisme de Téhéran déborde les zones de déploiement géographique du chiisme. Car là où les fidèles de la communauté sont rares voire inexistants, tels en Egypte et au Soudan, l'Iran a dépêché des cadres du Hezbollah pour y former des cellules actives, sous couvert du soutien à la cause palestinienne.
En réalité, Téhéran redoute que les futures sanctions de l'ONU le privent d'exporter son pétrole, en comptant sur les surcapacités de production saoudienne en guise de compensation. Or, en allumant des contre-feux en Arabie, l'Iran menace cette perspective et montre que le royaume est si fragile qu'il ne pourra pas remplir cette mission. D'autres pétromonarchies du Golfe assistent au réveil de leurs composantes chiites, parfois majoritaires, comme au royaume de Bahreïn. Certains radicaux iraniens n'hésitent pas à réclamer ouvertement l'annexion de ce petit royaume.
Enfin, il ne faut pas oublier Al-Qaïda, qui profite des déficiences de l'Etat central yéménite et du chaos qui s'installe progressivement dans le pays, ainsi que de l'hébergement en Iran d'une partie de ses dirigeants, pour s'offrir un nouveau sanctuaire aux portes de l'Arabie. En août dernier, elle a failli assassiner le chef saoudien de la lutte anti-terroriste, le prince Mohamed Bin Naëf.
Cette évolution ne doit pas occulter le drame qui frappe le Yémen, soumis à un régime tribal usé et corrompu, en déficit de légitimité, et surtout en manque de ressources pour satisfaire aux besoins les plus élémentaires de sa population. Confronté à la rébellion des houthistes du Nord et aux sécessionnistes nostalgiques du Sud, ainsi qu'à l'enracinement d'Al-Qaïda dans la péninsule Arabique, le régime du président Saleh s'accroche à un pouvoir sans disposer des moyens nécessaires pour l'assumer.
Dans sa volonté de poursuivre et de sanctuariser son programme nucléaire, Téhéran s'ingénue à multiplier les incendies à sa périphérie, afin de détourner l'attention internationale et d'occuper ses voisins dans des conflits secondaires. Trente ans après le lancement de la révolution khomeyniste, l'Iran se dote d'un nouveau souffle pour exporter et développer son influence à l'échelle régionale, avec désormais une composante nucléaire.
Antoine Basbous est fondateur-directeur de l'Observatoire des pays arabes et l'auteur de "L'Arabie saoudite en guerre", Perrin, 2004. _________________ Le Capitaine MARCHAND (1863-1934): "Il n'y a que chez nous que l'ordre de faire beaucoup avec rien peut être donné sans rire"
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